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Humiliation du Brésil, des SMS de compassion ironique circulent au Cameroun

Face à l’humiliation du Brésil par l’Allemagne (1-7) lors de la demi-finale de la Coupe du monde, les Camerounais, comme lors de la débâcle des Lions indomptables, ont laissé leurs émotions transparaître via des SMS qui ont circulé sur l’ensemble du pays. Des messages de compassion envers le pays organisateur. Morceaux choisis :

« Moi le Brésil ça thééé [s’arrête] une fois. On ferme le stade on nack [bastonne] tout le monde et fini de la Coupe du monde« 

« Ce que j’aime chez Neymar c’est qu’il est comme Eto’o, il sait voir le danger de loin et prend sa tangente [la fuite] »

« NTAP….Svp rassurez-moi…on voit le même match ? 5-0 ? …je n’ai pas payé le câble ce mois…peut-être le gars a lui branché sa PlayStation et me balancer lui les images hein…SAPA BETAMBI!!« 

« Le Brésil a besoin d’un Alexandre Song pour faire quelque chose aux Allemands là« 

« Je ne savais pas que je devais avoir pitié du Brazil un jour de ma vie… »

« En substance, voici le contenu du SMS que Eto’o aurait envoyé à Neymar sur son numéro MTN : « Man si tu es sage, ndem [fuis] le way. ça sent au moins 6-0« 

« Neuer faut pas avoir gros cœur hein! Si tu laisses entrer même un seul but ça va faire quoi ?« 

« En tout cas moi je dis qu’on ne peut pas battre le Cameroun comme ça en plein Yaoundé. Même si c’est quel pays… Mafff on arrête la Coupe du monde là. vous partez organiser pour vous tsuipp« 

« Ça c’est le 11-Septembre du football ^ ^…Ben Laden est allemand« 

« Non vraiment, on ne do pas les ways [choses] comme ça, oui c’est vraiment abusé. Si la FIFA ne sanctionne pas l’Allemagne, surtout le gars de Manuel Neuer là, c’est qu’il y’a pb… Et ils ne font qu’attaquer hein… C’est même quoi ça?…Quand c’est ton jour de Doutou [poisse], même la chèvre peut te mordre…Badlock! [Malchance] »

« Je crois que les Allemands ont pris Foning [la maire de Douala V] un peu trop littéralement…Est-ce que le foot c’est la bastonnade?« 

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Affaire Eto’o contre le journal le jour : la mise au point du joueur depuis Abidjan

Au centre de plusieurs polémiques depuis la débâcle de l’équipe nationale du Cameroun de la Coupe du Monde de football au Brésil, Samuel Eto’o, le capitaine des Lions Indomptables, brille par des mises au points incessantes sur ses récentes activités face à une presse locale avec qui il joue au « ping pong » dans l’information.

La dernière illustration est cette mise au point faite depuis Abidjan en Côte d’Ivoire où Samuel Eto’o était annoncé pour des raisons personnelles – il y aurait finalement après 9 ans de vie commune demandé la main de sa fiancée ivoirienne – tandis que le journal camerounais Le Jour affirme qu’il est en fuite au moment où le président de la République, Paul Biya, a prescrit une enquête sur la débâcle de l’équipe nationale.

Lisez plutôt la mise au point de Samuel Eto’o Fils…

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« Les Camerounais n’ont pas la mémoire courte »

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Réagissant aux affiches portant son effigie et collés dans les artères de la ville de Yaoundé (photo ci-dessus), Samuel Eto’o affirme dans un message posté sur les réseaux sociaux ne pas être impliqué dans cette campagne. Il appelle également à « ne pas s’adonner à ce genre de propagande polémique ».

Depuis deux semaines, des affichent présentant le capitaine des Lions Indomptables Samuel Eto’o célébrant des victoires avec par-dessus lui le drapeau du Cameroun étaient visibles sur quelques artères principales de la ville. Sur ces affiches, on pouvait également lire le message suivant : « Ils ont la mémoire courte ».

La Radio privée « Cheik Anta Diop » initiatrice de ce projet a voulu rendre hommage à un Samuel Eto’o plus que jamais critiqué par une partie de la population camerounaise après l’élimination en phase de poules des Lions indomptables à la Coupe du Monde 2014 au Brésil.

Au bas de l’affiche, l’on pouvait également lire « La radio Cheik Anta Diop se souvient toujours des Héros de l’Afrique » avec une liste de quelques anciens chefs d’Etat africains dont le Burkinabè Thoma Sankara, le Libyen Kadhafi et l’Ivoirien Laurent Gbagbo.

Samuel Eto’o a déclaré ne pas être au courant de cette démarche et préfère que ses fans laissent le temps faire son œuvre.

« J’ai appris que des fans posent des affiches en mon nom ces temps-ci à Yaoundé, pour le compte d’une radio. Je les en remercie mais je pense que contrairement au message des affiches, les Camerounais n’ont pas la mémoire courte. Après la coupe du monde que nous venons de vivre, il serait sage de laisser le temps faire son oeuvre et ne pas s’adonner à ce genre de propagande à polémique. »

Aujourd’hui, ces affiches ont été détruites pour trouble à l’ordre publique, selon les autorités.


Mon retour !

Après un an d’absence sur la plate-forme MondoBlog, je suis de retour. Cette fois c’est pour longtemps…

 


Laissez Tchakala Vip tranquille

tckalalaCes derniers temps, l’actualité culturelle dans les médias camerounais tourne autour d’une artiste camerounaise de la diaspora. Par des vidéos publiées sur youtube et les réseaux sociaux, la voilà projetée au devant de la scène. Pas qu’on ne la connaissait pas hein ! Bien au contraire.

Tchakala Vip est bien connu de tous au Cameroun, même des enfants de la maternelle et du primaire habitués à danser sur ses chanson lors des fêtes de remise des carnets de correspondance de fin d’année scolaire. Cet artiste musicienne faisant dans le Bikut-si c’est faite une image, une identité.

Rassurez-vous, elle n’a pas fait 6 minutes de dédicaces incongrues intercalées aux gens qui l’ont nourri, lui ont acheté une voiture, ou l’on hébergé sur un balcon en hiver à mbeng. Parce que c’est comme ça chez nous, au Cameroun. Quand on se découvre tes talents de chanteur on commence à citer nos amis, les membres de notre famille, nos frotteurs, nos gars ou nos petites. Question d’élargir l’audience non, que croyez-vous ?

Tchakala Vip s’est fait connaitre avec sa chanson « Belle mère ». « Je me marie aujourd’hui, je m’en fou des belles-mères… ». La chanson a fait son trou et l’artiste s’est envolé vers d’autres cieux. En Europe où, comme on pouvait s’y attendre, a fait ses métis et s’est refaite une nouvelle vie. Elle est de temps en temps invitée lors des soirées camerounaises, baptême, mariages, anniversaire etc. C’est d’ailleurs le commun de nos artistes là-bas, chez les blancs. Leurs prestations se résument généralement à çà, mais ils reviendront nous dire qu’ils étaient en tournée. Bref !

C’est donc précisément lors d’une de ces soirées camerounaises, un mariage, qu’elle a été invitée pour une prestation. Comme on pouvait s’y attendre Tchakala s’est mise en tenue légère et a franchement harangué les invités présents, qui ne se sont pas fait prier pour faroter. Et pas petit !

Le lendemain, les vidéos ont inondés internet. J’ai vu des journalistes et animateurs accorder près de 15 minutes de leur temps d’antenne à la télévision et dans les radios pour commenter. Que n’ai-je pas entendu : « elle salit l’image de notre musique, de notre pays à l’étranger… » Un tas de banalités qui ne nous avance en rien à mon avis.

Oui ! Laissez Tchakala Tranquille !

Est-ce que c’est Tchakala qui dénigre la musique camerounaise ?

Est-ce que c’est Tchakala qui détourne l’argent du droit d’auteur des artistes ?

Est-ce que c’est Tchakala qui presse les CD piratés et les revend à l’Avenue Kennedy et au marché central ?

Est-ce que c’est Tchakala qui créé des sociétés de droits d’auteurs fictives avec de faux agréments ?

Est-ce que c’est Tchakala qui va émarger auprès de ces sociétés là pour faire de la fausse propagande dans les médias ?

Est-ce que c’est Tchakala qui organise des cérémonies annuelles de récompense des musiciens dont les résultats sont truqués d’avance par affinité ou par copinage au point de faire fuir les sponsors ?

Et finalement, est-ce que c’est même Tchakala qui vous demande de l’inviter ? Ékié !!!!!!!!

Messieurs, mesdames ! Avant de regarder les fesses de Tchakala que moi j’aime bien là, demandez-vous ce que vous avez fait de notre musique. De notre culture. L’artiste est aujourd’hui présenté comme la brebis à immoler pour laver les péchés des fonctionnaires et gestionnaires véreux de notre culture.

Laissez Tchakala tranquille hein ? C’est ma position 74.

En tout cas, je marchais par là !


Cacahuètes : petites graines et gros bénéfices, à quel prix ?

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Les grands carrefours de la ville de Yaoundé en sont bondés. Ces vendeuses de cacahuètes emballées dans des papiers plastiques ou dans des bouteilles de whisky. L’activité est exercée essentiellement par des femmes très souvent aidées par leur progéniture : leur petite fille. Installées sur le trottoir sur un banc de fortune ou simplement sur une natte, elles passent leurs journées sous le soleil. Leur travail consiste essentiellement à débarrasser les graines de leurs …….. puis de les emballer avant de les exposer sur un plateau. Ces paquets coûtent généralement 50 F CFA, et les bouteilles quant à elle coûtent entre 1200 F Cfa et 1800 F Cfa. Les clients véhiculés qui passent très souvent par là constituent la plus grosse source de bénéfice de ces dames. Ce commerce qui semble nourrir son homme, n’est pourtant pas dénuer de tous risques  – comme tout travail, me direz-vous.

Un soir après une dure journée de travail, je m’apprêtais à rallier le rond-point Nlongkak pour y prendre un taxi, j’ai assisté à une scène des plus effrayantes. Une voiture, genre 4×4, s’est retrouvé entrain de garer tout près des vendeuses. Comme d’habitude, et parce que ce genre de client paie généralement gros, les vendeuses se sont presque jetées sur la voiture qui roulait encore. Une que j’ai particulièrement observée, a dû laisser tomber son enfant (un nourrisson) dans sa course effrénée au client. Le pauvre qui n’a pourtant rien fait pour mériter çà s’est retrouvé à même le sol sanglotant à tue-tête.

C’est alors que des passants se sont mis à crier. Une scène comme celle là ne laisserait d’ailleurs personne indifférents. Surtout chez nous où on se dit tout dans la rue au point de proférer des injures. Les passants ont donc traité la pauvre mère, nécessiteuse et qui se bat certainement pour assurer le repas du soir à son enfant, de tous les noms. « Si le bébé là meurt là maintenant tu vas dire que tu cours quoi en route » a lancé une dame. Un autre passant d’ajouter : « c’est même l’argent de quoi comme çà ? ». Une situation perplexe et embarrassante pour la mère qui tout doucement a repris son enfant dans ses bras. Son visage ridé renfaitait la dureté de la vie.

Mariée très jeune (comme il est de coutume chez les tribus bororos du nord Cameroun) elle s’est certainement retrouvé sous le joug d’un mari dominateur, incapable de subvenir à ses besoins primaires, alimentaires et sanitaires. Elle s’est retrouvée dans la rue à se débrouiller afin de joindre les deux bouts. Les Hommes ont manqué d’indulgence à son égard et l’on traité de tous les noms d’oiseaux. Au plus profond de moi, j’ai admiré sa bravoure. Cette abnégation face aux difficultés pour assurer le mangé à ses enfants le soir. Un attendrissement  m’a traversé l’esprit, et déjà, le klaxon tu taxi m’interpellait. Il était temps de partir.


Jean Miché Kankan ou la demeure malfamée

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Crédit Photo : Simon Messanga (DR)

Seize ans après sa disparition, Jean Miché Kankan est véritablement tombé dans les oubliettes. En témoigne, l’état de sa tombe en ruines (voire photo ci-contre).

Une image de décrépitude qui est bien loin de ce que représentait l’humoriste de son vivant. En effet, Jean Miché Kankan était unique. Son look artistique ne passait pas inaperçu. L’incohérence vestimentaire et la barbe envahissante n’étaient nullement un signe d’inattention mais, de prime abord les éléments déclencheurs du rire. Un rire visiblement vite oublié ainsi que l’homme au talent immuable.

Sous d’autres cieux on aurait pérennisé d’idole. Lui qui a été l’inspirateur de dizaine d’humoristes africains. Un prix en sa mémoire lors des multiples cérémonies culturelles de récompense organisées chaque année dans notre pays, ou encore une stèle digne de ce nom,  constitueraient à coup sûr une reconnaissance du talent du plus grand humoriste africain de sa génération. Mais rien n’est fait. Ni par les promoteurs culturels, ni par le gouvernement garant de notre patrimoine culturel.

Et voilà que, solidarité aidant, le cri de la détresse vienne d’un autre artiste : « Voici la tombe… du moins ce qui reste de la tombe de notre regretté Jean Miché KANKAN. En passant hier par Nkom son village natal près de Megueme Sy, j’ai pu prendre ces photos. Que pouvons-nous faire pour arranger la dernière demeure de ce grand artiste qui nous a tant fait rire ? » Simon Messanga.

Un appel lancé qui a pour vocation de stimuler les décideurs avec au premier chef le Ministère des Arts et de la Culture. Espérons que le cri de détresse ne tombe pas dans des oreilles de sourds. Car la tombe de cette icône mérite un meilleur sort.

Pour mémoire

Jean Miché Kankan – Dieudonné Afana Abecon de son vrai nom – est né en 1956. Il est originaire du village Nkom par Akonolinga situé à 120 kilomètres de Yaoundé, la capitale politique du Cameroun. Professeur de français dans le secondaire, il abandonne cette fonction pour travailler comme fonctionnaire à la radiodiffusion télévision de son pays. Les débuts ne furent cependant pas faciles. Le public était peu réceptif au style de l’artiste. Je n’étais qu’un petit enfant qui a fait ses débuts dans un genre théâtral mon affaire fut floue. Mes premiers spectacles étaient à 10 F CFA l’entrée?, déclarait l’artiste quand on lui demandait de raconter ses débuts sur les planches. Mais au fil du temps, Jean Miché Kankan a su imposer son style et faire passer son message.

La fille du bar, Maladie d’amour, Les bonbons alcoolisés et L’élève international sont autant d’œuvres à travers lesquels Jean Miché Kankan a égayé le quotidien des Africains. Le talent de l’artiste ne saurait se réduire à son look.

L’humoriste Kankan usait d’un langage de personne en état d’ivresse pour faire passer son message. La profondeur des textes de l’artiste interpellait la société sur des problèmes comme la polygamie, la consommation abusive de l’alcool, les tracasseries policières, etc. Ce grand homme d’humour est mort en 1997. Son génie aura permis l’émergence d’artistes humoristes comme Adama Dahico, utilisant leur propre style pour faire rire le public.


Elle allaite un chat et trouve la mort

C’est une drôle histoire comme on n’en raconte de plus en plus à Ongola. Surtout en cette fin d’année que l’on taggue toujours comme étant le moment où le diable agit de manière encore plus virulente. Je me souviens de ce conseille que ma mère nous prodigue mes frères et moi sur la prudence en ces veilles de fêtes de fin d’année. Ma mère estime que c’est le moment où l’on enregistre le plus grand nombre d’accident de la route, le d’autre tragédie de ce genre. Elle n’a pas tout à fait tord, ma maman. Car, des histoires rocambolesques, Yaoundé ma ville, capitale aux sept collines sait en livrer. Et celle qui est sur toutes les lèvres à présent est celle de cette jeune élève qui a trouvé la mort après avoir allaité un chat.

Ne vous étonnez pas. En matière de tété, on se souvient de la fameuse histoire des seins qui se tétaient à 50f non loin du campus de l’Université de Soa il y a quelques années. On raconte que les autorités de la ville universitaire ont dû taper du poing sur la table pour que l’activité prenne fin. Et maintenant, l’histoire au menu dans toutes les chaumières est celle de cette jeune fille de 15 ans qui a trouvé la mort le samedi 24 novembre dernier après avoir allaité un chat. C’est sur le chemin de l’école que le drame est survenu. Alors qu’elle se rendait à son établissement, un monsieur à bord d’une grosse cylindrée de marque V.X lui propose de la déposer. Une offre que l’adolescente n’a pas refusé. Un témoin proche de la famille raconte que c’est à bord de ce véhicule toujours non identifié que le malheur est venu.

Chemin faisant, le chat que transportait le monsieur dans sa voiture se mit à miauler. C’est alors que le monsieur demande à la jeune fille d’allaiter son chat. Cette dernière rétorque que son sein ne coule pas encore. Le monsieur, comme pour lui forcer la main, propose à la jeune fille une somme de 800 mille francs pour ce service. Soit 400 milles pour chaque sein. L’adolescente s’exécute et reçoit la somme promise.

Une fois à l’école, les seins de la jeune fille commencent à démanger. Elle s’empresse de rentrer à la maison. Les démangeaisons se faisant persistants, elle décide d’en parler à sa maman. Cette dernière décidé de la conduire à l’hôpital où les premiers diagnostiques n’ont pourtant rien révélés d’anormal. Sous l’effet de la douleur de sa poitrine qui prenait déjà du volume, la jeune fille raconte à qui veut l’entendre son histoire. Une confession. Dans la même soirée elle a rendu l’âme sous l’effet de la douleur atroce et sous le regard impuissant du corps médical.

Dans notre imagerie populaire, elle serait actuellement entrain de travailler comme esclave pour rendre riche son bourreau. Triste sort !


Lionnes Indomptables, l’espoir est permis

L’équipe nationale de football féminin vient de terminer troisième à la dernière Coupe d’Afrique des Nations. Un parcours somme toute appréciable bien que les Lionnes Indomptables n’aient jamais remporté la compétition et dans un contexte où le vert-rouge-jaune ne flotte plus haut dans le domaine du football sur le continent. Illustration : toutes les catégories chez les messieurs sont sorties en phase éliminatoire de la CAN de cette année. Les dames méritent donc, qu’un autre regard, positif, pour les encourager.

Au lendemain de leur courageux parcours en Guinée Equatoriale (hôte et vainqueur de la compétition) je me suis permis de fouiller dans leur passé, dans la genèse de l’équipe qui, avec plus de considération fera encore plus de lauriers dans les années à venir.  « La part du Lion : l’encyclopédie de l’histoire du football du Cameroun », écrit par Raphael Ebanga-Mballa et Serge Mbappe Njome, me permet de retracer quelques moment forts des Lionnes Indomptables à partager avec vous.

L’équipe nationale de Football du Cameroun, bien qu’elle ait toujours existé, ne rentre effectivement dans la mémoire collective que pendant la décennie 1990-2000. Evoluant en dents de scie pendant la dernière décennie – de 2002 à 2012 -, entre élimination pour la Coupe du Monde à laquelle elle n’a jamais pris part et des qualifications à la Coupe d’Afrique des Nations où le sacre reste une quête permanente, Les Lionnes indomptables de nos jours donnent espoir qu’un meilleur suivi permettrai d’engranger des lauriers dans les années à venir.

La naissance

C’est vaguement qu’on se souvient dans les années 80, d’une équipe de ce type avec pour capitaine une certaine Yvette Moukoury. Il est évident que, bien qu’ayant livré quelques matches amicaux, aucun résultat n’a pu attirer l’attention à tel point que l’on puisse parler d’une véritable histoire de cette équipe féminine qui se composait essentiellement de joueuses d’AMBESCAM et NUFI FORESTIERE deux équipes qui dominaient la scène locale.

Ainsi, au milieu des années 80, la Fédération camerounaise de Football a mis sur pied une Commission Nationale de Football Féminin. Celle-ci a surtout contribué à organiser des tournois locaux, notamment dans les grands centres urbains. C’est au terme de ces regroupements ponctuels, qu’on dressait une liste de joueuses pour former l’équipe nationale. C’est en 1990 qu’a été officiellement créé l’Equipe Nationale Féminine de Football du Cameroun avec pour premier entraîneur Kome Joseph.

Les débuts à l’international

Le premier match officiel des Lionnes Indomptables avait été programmé le 16 février 1991. Pour le compte du premier tour du tout premier Championnat africain pour football féminin dont le premier but était de désigner l’unique représentante de l’Afrique à la Coupe du Monde de la FIFA, et qui se déroulait alors entièrement sous la formule des matches aller er retour disputés à domicile et à l’extérieur pour chaque équipe, les camerounaises devaient rencontrer les congolaises déclarées forfaits. Qualifiées pour le deuxième tour, les Lionnes Indomptables héritent comme adversaires les zambiennes qui désistent également.

C’est donc sans avoir eu à disputer un seul match que la toute jeune équipe nationale féminine de football du Cameroun se qualifie pour la finale qu’elle disputera face à des nigérianes bien présentes et déterminées. C’est ainsi que le 15 juin 1991, en finale aller du Championnat Africain, elle fut défaite par le Nigéria à Lagos zéro buts contre deux (0-2). Au match retour à Yaoundé, le 30 juin 1991, plus de 30 000 spectateurs viennent découvrir et encourager les Lionnes Indomptables qui perdront malheureusement sur un score sans appel de 0 but contre 4.

De 1992 à 1996, Ambané Emmanuel qui succède à Kome Joseph comme entraîneur principal de cette équipe. Avec le forfait du Cameroun pour le Championnat Africain de 1995, les Lionnes indomptables connaissent une traversée du désert qui s’achèvera en Mars 1998 avec les éliminatoires de la toute nouvelle formule du Championnat africain dont la phase finale s’était disputée au Nigéria. Pierre Njili qui succède à Ambané Emmanuel en 1996 mène le Cameroun à la première édition de la CAN au Nigéria en 1998 avec en prime une quatrième place.

En 1999, Njili a été remplacé par ATAH Robert assisté d’Ekosso Esso Flore. Les résultats commencent à se faire sentir avec notamment la participation à une phase finale de Coupe d’Afrique des nations, en 2000 en Afrique du sud où les lionnes avaient été éliminées au premier tour.

En 2002, pour sa troisième participation à la phase finale de la CAN, les lionnes encadrées par Souleymanou Aboubakar qu’assistait Mme Ekosso Flore, les camerounaises obtiennent la troisième place en venant à bout des sud africaines par trois buts contre zéro (3-0) au match de classement.

A la quatrième édition de la CAN qui s’est déroulée en Afrique du Sud du 18 septembre au 03 octobre 2004, les Lionnes Indomptables ont disputé pour la première fois de leur histoire, la finale qu’elles ont perdu face au nigérianes par un score sans appel de 0-5. En 2006 elles ont raté d’un pousse la qualification pour la coupe du monde en s’inclinant par zéro but contre cinq en demi-finale contre leur bête noire naturelle le Nigéria. Une bête qu’elles ont appris à dompter avec la nouvelle génération. Les Lionnes Indomptables ont battu le Nigéria lors du match qualificatif pour les Jeux Olympiques 2012 et vienne de rééditer l’exploit en domptant courageusement les Super Falcon (1-0) lors du match pour la troisième place à la CAN 2012 en Guinée Equatoriale.


Le renouveau et ses trentenaires

Ce 6 novembre 2012, le Cameroun célèbre la fête du renouveau. En effet il s’agit de la célébration des 30 ans de pouvoir du président Paul Biya. C’est le 6 novembre 1982 qu’il a accédé à la magistrature suprême. Une date dont seuls les cinquantenaires d’aujourd’hui peuvent avoir réellement souvenance. Parce que plusieurs jeunes de mon âge n’en savent réellement rien, et ne se réfèrent qu’à ce qui est dit dans les médias. Et çà c’est pour ceux qui malgré tout veulent encore en savoir quelque chose sur la politique de leur pays. C’est un secret de polichinelle que de dire que beaucoup de jeunes, les trentenaires comme le renouveau, se fichent pas mal de la politique de leur pays le Cameroun.  Va donc comprendre pourquoi ! En ce jour, sans être spécialiste de quelque politique que ce soit, je me permets de dresser quelques clichés des jeunes trentenaires comme moi.

Le jeune trentenaire d’aujourd’hui est celui qui chauffe les bancs des amphis à l’Université de Yaoundé I, ou des autres sept Universités d’Etat à travers le pays. Son esprit est vague entre le système LMD (Licence-master-Doctorat) bêtement copié de l’occident il y a cinq ans et dont ni lui, ni ses enseignants n’en savent pas grand-chose, et l’espoir d’un boulot.

Le jeune trentenaire d’aujourd’hui est ce jeune vendeur à la sauvette au marché Mokolo à Yaoundé. Après ses brillantes études durement payées par des parents qui eux-mêmes avaient du mal à joindre les deux bouts suite à la récession économique qui a conduit à la réduction de moitié des salaires des fonctionnaires dans les années 90, il s’est retrouvé contraint à se débrouiller comme il peut, dans la rue, à vendre des haillons.

Le jeune trentenaire d’aujourd’hui est celui là qui n’a qu’un seul rêve : aller en Europe, au front ! Par la route, à travers les pays d’Afrique de l’Ouest et le désert du Sahara et par la nage s’il le faut. Les multiples campagnes d’information sur les dangers de cette aventure, il n’en a cure. L’eldorado c’est au pays des blancs. « Il vaut mieux souffrir au front que de souffrir dans son propre pays ».

Le jeune trentenaire d’aujourd’hui est cet élève de l’Ecole Normale, de l’Ecole de Magistrature ou de l’Ecole des Relations Internationales. Il sourit chaque jour en arborant sa vieille veste blanchie aux épaules car le « bout du tunnel » est proche. Une seule idée l’anime chaque jour : se faire beaucoup d’argent pendant ses cinq premières années de service. De quoi rembourser les deux ou trois millions empruntés dans une tontine par ses parents et qui ont servis à lui acheter sa place dans cette prestigieuse école.

Le jeune trentenaire d’aujourd’hui est celui là qui n’a pour seul capital que sa santé. Grace à elle, il peut se livrer à tout genre d’activités pour gagner sa pitance : Manœuvre, pousseur etc.

Le jeune trentenaire d’aujourd’hui est ce jeune qui arpente chaque jour l’Avenue Kennedy à Yaoundé. C’est un « Apacheur ». Il joue les commerciaux pour des boutiques de luxe et accoste tous ceux qu’il juge potentiel client. Il vous guide vers l’une de ces boutiques et touche des commissions sur le montant de vos achats. Il se transforme très souvent en « Awacheur », un pic-poket. Et dans ce rôle où il excelle par instinct de survie, tout y passe : porte monnaie, téléphone, bijoux… objet souvent revendus tellement vite que les prochains clients sont parfois propriétaire.

Le jeune trentenaire d’aujourd’hui est cette jeune fille qui arpente les trottoirs des coins chauds de la ville chaque soir à la recherche d’un client. Hum ! Je ne veux pas m’étendre sur mes copines là. Je risque de m’attirer les foudres de leurs multiples associations. Je veux seulement dire qu’elles aussi font parti des jeunes trentenaires qui ont tout perdu : plus d’espoir, pas de mari, pas de boulot…

A côté de cette liste de jeunes visiblement à la déroute qui ne ressentent pas les « grandes réalisations » dans leur vie, il y a une tranche qui est à l’abri du soleil. Par leur travail, leur abnégation et leur dévotion appuyés d’un coup du destin. Car il en faut pour sortir de l’impasse. C’est le Renouveau !