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Quand le dogme nous tient

J’ai vécu un week-end triste. Oui, quand les lions devenus chatons ratent pour une seconde fois consécutive une qualification pour la coupe d’Afrique, il y a de quoi être triste. Surtout que gueulard que je suis, j’avais déjà harangué mes collègues et voisins. Pauvre de moi, qui ne jurais que par une large victoire: 4 buts à zéro pourquoi pas, et nous voilà au pays de Nelson Mandela ! Le miracle n’a pas eu lieu à Yaoundé et la maigre victoire des lions devenus chatons sonne comme une défaite, une déception. J’avais décidé d’aller regarder le match chez mon ami d’enfance. Il n’était pas question de se rendre au stade. L’expérience d’après match lors de la rencontre contre le Sénégal il y a un an n’était pas du tout bonne. Suite à leur qualification manquée à la CAN 2012, la population remontée voulait en découdre avec lions. Je m’étais retrouvé seul aspirant du gaz lacrymogène, loin de mes deux compagnons eux même prit en sandwich entre les forces de l’ordre et les casseurs. Il n’était donc pas question de remettre çà ce dimanche.

Avec mon ami d’enfance Billy, on a donc décidé de regarder le match à la télé. « Il n’a pas plut aujourd’hui, hum… les lions ci ne vont pas gagner le match là » a lancé mon ami Billy me voyant arriver. Florence sa compagne d’ajouter « les sorciers du stade là on encore faim donc, pas de qualification aujourd’hui ». Un peu irrité, j’ai maugréé quelques raisons d’y croire. « Qu’est ce que vous racontez même ? Ces capverdiens là ne vont même pas réaliser où ils se trouvent, les lions ne sont jamais aussi forts que lorsqu’ils sont dos au mûr ». A peine avait-on joué 15 min que nous étions menés au score. Je suis du coup devenu évasif. La cuillère que je tenais en main est tombée alors que j’avais du mal à manger le repas que Florence la compagne de Billy avait servit. « Ah ! On arrache déjà ta femme hein… en plus de la défaite qui arrive là », me lance Florence. Et moi de répliquer :

– hein ! Comment çà on arrache ma femme ?

– Tu ne sais pas ? Chez nous quand tu manges et que ta cuillère tombe c’est que quelqu’un courtise ta femme.

– Çà alors !

Après cet échange la causerie atourné autour des dogmes qui rythment et parfois nous hantent au quotidien. Fondés ou simple supputations, l’on ne s’en décolle pourtant pas. Ainsi, pourtant basés sur aucun raisonnement scientifique ces croyances nous confortent dans l’idée qu’une bonne ou mauvaise nouvelle nous sera annoncée, qu’on aura éminemment de l’argent, que l’on est voué à un succès dans notre affaires ou tout simplement que l’on va passer une très mauvaise journée. « Je savais que ma journée allais mal se passer car je me suis lever sur mon mauvais pied » a-t-on coutume d’entendre lorsque face à une situation donnée, un individu perd ses moyens. Se lever du pied gauche est, dans notre imaginaire, un signe de mauvais augure. Tout comme lorsque l’une de nos paupières se met à battre infiniment. Et même si l’on a été exposé aux grains de sable ou de poussière qui pourraient nous mettre dans cet état, l’on n’y pense pas et l’on remet tout au « sort », au destin. Des croyances qui rythment notre vie, il y en a à la pelle. Illustration :

Ne jamais taper sur un banc sur laquelle est assise une jeune fille car elle risque des difficultés à enfanter ;

Un abcès sur un œil est signe d’une grossesse imminente au sein de la famille ;

Avoir des fourmillements dans la paume de la main est signe que l’on aura bientôt beaucoup d’argent ;

Se cogner le pied gauche en sortant de la maison présage une mauvaise journée ;

Traversée une échelle, un balaie le matin présage une mauvaise journée ;

Des papillons qui voltigent dans votre maison annoncent l’arrivée des invités de marque ;

Entendre chanter le hibou à votre gauche sur un chemin est annonciateur d’un deuil etc.

Cette adhésion aux forces naturelles frise le déterminisme. C’est un héritage sociologique. Cela fonctionne-t-il toujours ? Là est toute la question.


Arnaque électrique

Pendant que les uns s’échinent au travail chaque jour pour gagner leur pitance, il y a des gens surdouées qui réfléchissent à a extirper de leurs poches ce gain honnêtement perçu.

Samedi dernier, une organisation camerounaise en partenariat avec la société en charge de la distribution de l’énergie électrique a organisé une marche dans toute la ville de Yaoundé. Il était question de gravir les collines de Yaoundé, ville aux sept collines, pour sensibiliser les populations sur les dangers des maladies cardio-vasculaire. Sensible à ce genre d’initiative, j’ai donc décidé de marcher aussi. Ne suis-je pas le Marcheur ?

Ma marche m’a donc permise de me rendre compte que à quel point le camerounais est astucieux quand il faut traduire la cause humanitaire en profit individuel. D’ailleurs, c’est bien à nous qu’on a collé la réputation de feyman(1) non ! Avant la marche, des t-shirt ont été distribués, des bandanas aussi. J’ai eu mon bandana mais pas de t-shirt.  Le mien, j’ai du l’offrir à une dame, décidée d’en découdre avec ceux qui distribuaient les fameux tricots s’il elle n’avait pas le sien. Il faut quand même dire que les organisateurs disaient qu’ils ont seulement prévu 1000 tricots et que le reste auraient juste des  bandanas pour marcher. Ces organisateurs n’avaient pas compris que chez nous le njoh(2) fait courir.

Quand c’est njoh et bien, même les personnes insoupçonnables et surtout mal intentionnées s’y mêlent. Nous étions donc plusieurs milliers à marcher. Et après, j’ai continué mes marches vers mon lit, tellement j’étais épuisé. Il y en a qui ont continué leur marche pour se faire des sous.

Un monsieur s’est servi du t-shirt, portant l’effigie de la société en charge de la distribution de l’énergie électrique pour arnaquer les populations de tout un quartier. Il s’est présenté à la Cité Verte, un quartier de la ville, comme agent recenseur de ladite société. Il s’est fait passé pour un agent chargé du recouvrement forcé des créances, une initiative engagée depuis quelques temps par la société d’électrification. Arborant un simple t-shirt le gars a pu collecter par maison jusqu’à 10 000 F Cfa. Ces ménages qui trafiquent les câbles électriques et qui paniquent dès qu’elles aperçoivent un agent.

Le gars, feyman attitré a donc collecté plusieurs centaine de mille avant de tomber sur un « dur ». Un monsieur qui a exigé que notre marcheur mal intentionné qui s’est servi du t-shirt de la marche de sensibilisation pour arnaquer les crédules, lui présente une note de service lui autorisant à effectuer le recouvrement. Face aux balbutiements du jeune homme, la population s’est rendue à l’évidence qu’il était un faux agent. Il médite actuellement son sort dans les geôles de la cellule d’un commissariat de Yaoundé.

(1)arnaqueur, usurpateur de titre dans l’argot camerounais

(2)mot désignant la gratuité 


La danse bafia de Samuel Eto’o

C’est dans mes marches d’aujourd’hui qu’un ami m’informe que le prince d’Anzi a décidé de revenir sur sa décision de ne plus jouer avec nos lions devenus très domptables depuis un certains temps. Et comme le « karambani *» a le vent en poupe depuis la défaite de notre équipe nationale contre le Cap Vert (0-2), j’ai décidé de vérifier par moi-même. Et c’est sur le site officiel du pichichi, https://www.samueletoo-officiel.com/ que j’ai couru pour découvrir le communiqué de presse signé de Samuel Eto’o.

Samuel Eto’o : « j’ai accepté de reconsidérer ma position »

Danse Bafia : un pied en avant deux en arrière. Samuel dit revenir « sur la demande de la plus haute Autorité de la République ». C’est clair que le gouvernement l’a courtisé. Si l’on tient compte de ce que défendant les couleurs de la République, tout citoyen a le devoir de répondre à l’appel de la nation, l’on peut donc considérer Samuel Eto’o comme un déserteur. Et voilà donc un déserteur que tout le monde courtise, le suppliant à genoux de revenir dans les rangs. Samuel a boudé l’appel de la nation accusant « l’amateurisme » qui règne au sein des lions. En ne prenant pas part à la rencontre contre le Cap Vert, il s’est rendu indispensable.

Aujourd’hui, il décide de revenir et suscite des interrogations : l’amateurisme décrié a-t-il foutu le camp ? Quelles garantis avons-nous de ce que les égos surdimensionnés des cadres de cette équipe seront mis de côté pour faire flotter haut le drapeau vert-rouge-jaune ? Rien. Suffit-il d’appeler en sapeur pompier le seul coach valable du Cameroun, jean Paul Akono, médaillé d’or olympique (Sidney 2000) et de faire la cour au meilleur jour du monde, Samuel Eto’o, pour effacer une gangrène qui a mis 9 ans à s’implanter profondément entrainant notre football au plus profond de l’abime ? Il faut noter pour le décrier que depuis 2003 ou le Cameroun était finaliste de la Coupe des Confédérations que nous n’avons même pas, même de loin, vu le moindre titre continental. Il faut donc repenser la politique de notre football. Ne me demandez pas comment. Les autorités avaient tenu les états généraux du sport camerounais et les résolutions sont encore dans les tiroirs. A eux de voir.

Et Samuel Eto’o ? Joueur dont le talent impose le respect ne jouir véritablement pas d’une reconnaissance dans son propre pays. Aujourd’hui au moins, tout le monde est unanime sur sa place au sein de cette équipe. En attendant que le Cameroun batte le Cap Vert le 14 octobre prochain et se qualifie pour la CAN 2013 et que les supputations sur ses actes hors et dans les stades, continuent leur bout de chemin.

(*) Mots désignant le mouchardage. Au Cameroun synonyme de Kongossa 


Ces pompiers qui ne savent pas nager !

Censés avoir plus de maitrise en matière de gestion des cas extrêmes, ces hommes en tenue laissent souvent la population faire leur travail 

Un corps repêché du lac municipal de Yaoundé par un pêcheur

« Nous avons appelé les sapeurs-pompiers. Ils sont arrivés et ils ont dit qu’ils ne peuvent pas entrer dans l’eau. Ils ont demandé si quelqu’un pouvait entrer dans l’eau pour retirer le corps, et mon frère est entré, et il a tiré le corps »

C’est le récit d’un jeune adolescent, sur les berges du Wouri, où a été découvert un corps sans vie flottant à la surface de l’eau, le 21 septembre 2012. Un étudiant selon les informations fournies par sa carte nationale d’identité retrouvée sur lui. Un de plus noyé dans les eaux. Victime d’une agression ou technique pour noyer les soucis, allez savoir. Retrouver des corps flottant à la surface des e      aux est devenu monnaie courante dans les grandes villes de notre pays. Ongola la belle a même battu le record de sept corps retirés dans les eaux noirâtres du lac municipal en seulement six mois. Et à chaque fois, il a fallu un courageux espiègle pour faire le travail. A quoi nous servent-ils donc ? Nos militaires-pompiers-soldat-du-feu ? Ah ! J’ai trouvé : soldats du feu. C’est vrai qu’une noyade n’a rien à voir avec le feu. En attendant d’en savoir plus sur leur réel domaine de compétence, il va quand même falloir récompenser les courageux qui font le boulot à leur place.

Tenez ! En parlant de récompense, il y en un qui attend toujours la sienne. Le célèbre (re)pécheur de corps du lac municipal de Yaoundé. Le jeune Adimi Francis en a fait son sport favoris et les autorités de la ville ont toujours promis récompenser sa bravoure. Aujourd’hui,  le nageur originaire de la ville de kribi est las d’attendre que les vaines promesses se réalisent. Les honneurs c’est pour les soldat-du-feu qui arrivent toujours après. Laisse, mon ami. Ta récompense ne sera peut-être pas des thunes, mais un métal posé sur ton cercueil à titre post-thune.


Macase, tel un phœnix

La renaissance est-elle en marche ? Oui. Après plusieurs départs qui ont fragilisé le groupe, Macase fait son come-back après une longue période d’hibernation. Serge Maboma et les autres n’ont pas laissé la douleur se servir du groupe, mais s’en sont servi pour réussir. Apologue d’un groupe mythique.

(c) Image d’illustration

Fin des années 90. Le Cameroun sort d’une violente crise économique et le mouvement n’est pas en reste. C’est dans un environnement où la piraterie dicte sa loi que de jeunes  gens fans de world music prennent le risque de sacrifier leurs études pour suivre la musique, un métier maudit. Né officiellement le 16 mai 1996 à Yaoundé, le groupe Macase bas pourtant tous les records de longévité : 15 ans. A la manœuvre, le groupe compte sept musiciens : Corry Denguemo, Blick Bassy, Ruben Binam, Serge Maboma, Henry Okala, Roddy Ekoa et Roger Dubois. Tout est donc réuni pour donner une nouvelle coloration à la musique camerounaise. Celle de Macase se veut métissée. « Nous sommes convaincus que le métissage c’est l’avenir du monde dans lequel nous vivons. On ne peut plus aujourd’hui se prévaloir d’une authenticité pure et dure comme c’était le cas avant! Aujourd’hui nous sommes ouvert au monde, et qu’on le veuille ou non nous évoluons dans un univers mondialisé. De ce fait nous devons avoir un discours de jeunes africains qui vivent en Afrique et qui ont un regard sur le monde pour que nous puissions avoir notre mot à dire dans cet univers mondialisé. Si nous n’avons rien à dire on ne nous écoutera jamais ! », déclare Serge Maboma, le bassiste du groupe.

Une ouverture vers le monde qui projette très vite le groupe sous les feux de la rampe. La bande à sept est finaliste du prestigieux prix découverte Rfi. Un prix qu’il remporte mais qui lui est retiré suite à une plainte de leur producteur Sam Mbende. Motif : ils se seraient présentés sans le prévenir. Cette mésaventure n’attendri nullement le groupe qui continue de travailler et aligne concerts après concerts et tournées à travers le continent et au-delà.

La nouvelle écriture

L’acte de renaissance a été signé ce vendredi 21 septembre à Yaoundé. Sur les planches de l’Institut français, Serge Maboma et Roddy Ekoa les deux seuls rescapés du naufrage qui a emporté cinq membres fondateurs ont démontrés que Macase a encore de beaux jours devant lui. Le poème d’ouverture dit par Serge le démontre d’ailleurs à souhait. C’est en reprenant les paroles de Rudyard kipling, « tu seras un homme… mon fils » que le spectacle commence, dans une salle tenue en haleine et prête à vivre la nouvelle page de Macase.  Au total, treize chansons seront interprétées. Une balade musicale à travers les dix régions du Cameroun en langues mvele, éwondo, anglais, français, fufuldé… Un hommage sera rendu aux mentors de la musique camerounaise Noël Ekambi et Manu Dibango à travers le titre « Soul Makossa ». Le public va se régaler en appréciant toutefois le gros travail instrumental qui a fait la notoriété du groupe. Maboma à la Bass, Wilfried Etoundi à la guitare Jules Tawamba au piano, Abanda Petit Jean aux percussions… Et la grosse surprise de la soirée, les trois choristes, les « trois vierges ». Avec leur voix sensuelles, elles feront désormais parti du groupe.

A la fin du spectacle, le nouveau leader du groupe a du mal à contenir sa joie. Une joie mélangée de tristesse. Si Serge Maboma qui a fondu en larme manifestait là sa joie de voir revivre le groupe dont tout le monde avait prédit la disparition, il rendait par la même occasion un hommage à sa grand-mère décédée quelques heures avant le spectacle. Un retour réussit, à en témoigner par le standing ovation interminable rendu par le public à la fin du spectacle.


Hôpitaux publics : un accueil à vous précipiter au tombeau

Malgré leur apparence de quiétude sensée redonner espoir de vie aux malades, les hôpitaux au Cameroun sont très souvent des antichambres de la mort. Le simple accueil dénué de toute délicatesse suffit à précipiter le malade à l’agonie dans l’au-delà.
Entrée principale d’un hôpital de référence à Yaoundé
Le service public est décidemment mis à mal dans notre pays. Il l’est encore plus dans les hôpitaux publics sensés être le lieu de tous les espoirs pour malade désespéré. Que non ! A y voir de près, les hôpitaux publics de nos jours sont confiés aux mains inexpertes des personnes pour qui la simple notion d’accueil n’a aucune signification. Le patient n’a qu’à se construite un hôpital à lui s’il veut bénéficier dans l’urgence, des soins qui pourraient lui sauver la vie.
Juillet 2012. Une fine pluie tombe depuis quelques jours sur Douala. Un taxi vient de s’immobiliser dans la cours intérieure de l’hôpital Laquintini. A son bord, Yolande D., accompagnée de son mari. La jeune dame de 28 ans, à terme, est en plein travail. Le gardien en faction au portail et qui a indiqué au chauffeur de taxi où se garer interpelle une infirmière pour lui signifier la présence d’une dame en travail dont il faille s’occuper. La dame en blouse blanche jette un regard évasif vers la voiture jaune et s’introduit à l’intérieur du bâtiment principal. Le temps passe et Yolande, soutenue par son compagnon continue de souffrir de ses douleurs. Une chaise roulante suffit pourtant pour la conduire en salle d’accouchement. Et c’est à la recherche de cette chaise roulante que l’infirmière informée par le gardien, et les autres restées sur le perron du bâtiment de l’accueil à regarder à distance le taxi garé, s’attèlent depuis bientôt trente minutes. Invraisemblable. Les douleurs deviennent insupportables pour Yolande, et son bébé, quant à lui, veut déjà voir le jour. Au moment où deux infirmières arrivent enfin avec un lit roulant, Yolande a enfanté. Son bébé dans les bras, elle a le cordon qui pend hors d’elle. Conduite – finalement – en salle d’accouchement, elle aura risqué sa vie dans un hôpital. En d’autres circonstances l’on aurait culpabilisé la femme enceinte de ne pas se rendre à l’hôpital et d’enfanter à la maison à ses risques et périls.
Des scènes comme celle vécue par cette jeune dame, hôtesse dans une entreprise à Douala, sont malheureusement légions. Victimes d’accidents, femmes enceintes, malades agonisants, bien de personnes trouvent très souvent la mort à l’accueil ou au service des urgences de nos hôpitaux. « Il faut faire un geste ». Cette formule de corruption qui consiste à monnayer le service de prise en charge immédiat auprès des infirmiers véreux est connue de tous. Pour bénéficier du moindre soin d’urgence, le malade doit posséder par devers lui de l’argent, ou alors, ses accompagnateurs doivent déposer une « caution ». Toutes choses qui contribuent malheureusement à ternir l’image des hôpitaux publics.


Exposition : L’épopée glorieuse du football camerounais en images

La Communauté Urbaine de Yaoundé en collaboration avec l’agence de presse Chine Nouvelle, expose depuis un mois des photographies des grands moments du football camerounais sur la clôture du Bois Sainte Anastasie à Yaoundé.
Des photographies exposées sur la clôture du bois Sainte Anasthasie
Une trentaine de photographies affichées le long de la clôture. Des images qui présentent les grands rendez-vous de l’histoire de notre football. Les clubs mythiques, l’épopée légendaire des Lions indomptables, les grandes figures du ballon rond… Tel est le décor observable depuis quelques jours sur les grilles de la clôture du bois Sainte Anastasie, à Warda. Difficile de ne pas marquer un arrêt sur ces photographies en noir et blanc et parfois en couleurs tirées de la collection de Jean Pierre Kepseu, photojournaliste. Le public de tous les âges se reconnait et remémore quelques instants ainsi  immortalisés. Comme cette photographie du retour des Lions indomptables de la Coupe du Monde de 1982 en Espagne. Sur le perron d’un avion de la défunte Cameroon Air Lines (Camair), des figures marquantes : Thomas Nkono, Docteur Abéga, Ibrahim Aoudou, Mbida Arantes, Emmanuel Kundé, Mbom Ephrem, Nguéa, Roger Mooh Milla, Michel Kaham, Jean Pierre Tokoto, Elie Onana Eloundou, Eugène Ekoulé… et le sélectionneur français Jean Vincent. Des joueurs de talent aux prouesses inéluctablement gravées dans les mémoires des hommes de cette époque.
Si ces lions de la vieille école, aussi représentés sur des photos individuelles (Jacques Ngue, Théophile Abéga, Roger Milla, Michel Kaham, Grégroire Mbida, Jean Manga Onguene, Jean Marie Tsebo, Emmanuel Mve) restent un mythe pour de nombreux jeunes, ces derniers n’en sont pas moins concernés par l’exposition. La jeune génération des Lions les captive tout autant. Samuel Eto’o, Rigobert Song, Patrick Mboma et le regretté Marc Vivien Foe. Des photos bien conservées par le « tout terrain » Jean Pierre Kepseu. Une exposition à découvrir pour les jeunes, et à redécouvrir pour les plus âgés.
Jean Pierre Kepseu
Photojournaliste depuis près d’une quinzaine d’années, à 47 ans Kepseu Jean Pierre chasse des images à travers le continent africain. Son premier contact avec l’appareil photo remonte en 1986 lorsqu’il faisait le secondaire ; Sa passion en la photographie l’emmène, avec le concours des dirigeants de son établissement scolaire, à créer un club photo. Dès le début des années 90  après ses études supérieures, il se projette dans le  photojournalisme. Pour y parvenir en véritable autodidacte, il entame un investissement sur la documentation photographique et suit quelques stages à l’intérieur et hors du pays ; occasion pour lui  de renforcer ses connaissances et développer ses réseaux.


Exposition : Le bois fait son… a capella

Samy Manga, artiste pluriel, fait parler le bois. Cette essence de l’Afrique profonde victime du mercantilisme moderne trouve, au travers d’un travail consubstantiel, le moyen de faire échos.

L’Institut français du Cameroun de Yaoundé qui abrite l’exposition baigne dans une  marée humaine ce 13 septembre 2012.  Difficile de se frayer un passage dans le hall car plusieurs visiteurs l’ont pris d’assaut. Une troupe de percussionnistes à l’entrée du bâtiment annonce déjà les couleurs d’une exposition mémorable. Après les civilités d’usage, les sculptures peuvent se dévoiler, au détour d’une mise en scène harmonieuse, relevée et captivante.

Les A Capella du bois allient sculpture sur bois, dessin, poésie, chant. Chaque objet est accompagné d’un poème lu, et qui ne manque pas d’impressionner le visiteur. Dans cette saga artistique, Samy Manga qui a choisi comme objet le bois de récupération, s’inscrit aussi en défendeur des ressources naturelles. « Il magnifie la nature dans ce qu’elle a de plus divin quand, à travers le vieillissement, certains de ces éléments deviennent des ordures vouées à la disparition. C’est donc une entreprise de sauvetage dont il s’agit, dans un contexte où le monde ne s’offre à l’homme qu’à travers ses craquelures et la violence marchande. C’est le sens de ses objets qui continuent jusque dans leur dernière vie que le poète a sauvée, d’accuser la bêtise humaine ».

L’ensemble de ses œuvres est consigné dans un recueil photographique réalisé par le photographe-reporter Aristide Esso. L’objectif est bien là : pérenniser l’œuvre. L’exposition va durer jusqu’au 29 septembre prochain. Elle se veut également trottant à travers les dix Régions du Cameroun et ailleurs dans le continent, comme une histoire populaire qui prend de l’ampleur et s’ancre dans les mémoires. « Toute cette inspiration est destinée à voyager dans les différentes Régions du Cameroun et dans les contrées lointaines », dixit Anne Cillon Perri, auteur de la préface du livre « les a capella du bois ».